Manipulateurs pervers narcissiques, fuir ou rester ?

Manipulateurs pervers narcissiques, fuir ou rester ?

 


Faut-il fuir ou rester quand on est en relation avec un pervers narcissique ?

Les victimes de manipulateurs (PN) posent souvent les mêmes questions et donnent souvent les mêmes réponses ( ils ou elles) !

 

Quelques exemples de questions/réponses:

 

  1. — Question : Mais pourquoi me fait-il (elle) cela ?

Réponse : Il fait ce qu’il sait faire, a toujours fait et refera avec un autre. C’est son mode de fonctionnement, ce n’est pas parce que c’est vous, mais parce que vous acceptez de rentrer dans son jeu.

 


 

2. — Question : Pourquoi agit-il(elle) ainsi ?

Réponse : Il fonctionne selon une structure infantile qui n’a pas évolué et qui est dans la toute-puissance. Cela n’a rien à voir avec vous.

 


 

  1. Question : J’ai tout fait pour faire fonctionner cette relation.

Réponse : Et vous pouvez continuer longtemps, jusqu’à l’épuisement. Même si vous faites tout ce qu’il demande, cela ne marchera pas, car son mode de fonctionnement est d’installer le mal-être et se valoriser à tout prix à votre détriment.

 


 

  1. Question : Quand c’est bien, c’est tellement bien.

— Réponse : Prenez une feuille de papier, et notez combien de fois c’est bien, moins bien ou l’enfer ? Vous serez étonné !

 


 

  1. — Question : Comment puis-je l’aider à changer ?

— Réponse : Essayez de demander à un mur qui est blanc d’être rouge. Vous pourrez l’embrasser, vous mettre en colère, le supplier ou user de tous les artifices dont vous disposez, il restera rouge !

 


 

  1.  — Question : Pourquoi j’ai échoué ?

Réponse : Ce n’est pas parce que c’est vous, mais parce que c’est truqué d’avance. Les dès sont jetés avant même qu’ils n’aient été lancés.

 


 

  1. — Question : Qu’est-ce que la personne avec laquelle il (elle) est parti(e) a de plus que moi ?

— Réponse : Rien d’autre que de rentrer aussi dans son jeu et de se laisser séduire comme vous par son plumage et son ramage.

 


 

  1. Question : Il (elle) a réussi là où moi j’ai échoué ?

— Réponse : Surtout, n’ayez aucun regret, après la phase de séduction, il ou elle vivra le même enfer que celui que vous avez vécu.

 


 

  1. — Question : Pourquoi tous les Psys disent qu’il faut fuir, cela veut-il dire qu’il faut les laisser gagner ?

Réponse :

  • Quand vous êtes face à un partenaire, sans empathie, ni ne fonctionne qu’avec la manipulation et la négation totale de l’être que vous êtes, qui vous vampirise et vous utilise tel un objet ?
  • Dont le mode de fonctionnement est de vous déstabiliser en permanence en alternant le chaud et le froid !
  • Qui utilise le compliment suivi du dénigrement et occupe en permanence l’espace par ses mensonges, manipulations et non-dits, afin de mieux se valoriser à vos dépends et de jouir face à votre désarroi !
  • Qui est le bon Dr Jekyll à l’extérieur, gentil, attentionné, adorable, vous savez celui ou celle que tout le monde vous envie et le monstrueux Mr Hyde « dans le secret des alcôves », celui qui se transforme en incroyable monstre et vous fait subir les pires violences psychologiques, insidieuses et destructrices !
  • Un être qui ne supporte pas le bonheur et les gens heureux, « un rabat-joie » qui va s’acharner méthodiquement à tout démolir et vous maintiendra sous une emprise dont vous aurez le plus grand mal à vous défaire.
  • Un être qui vous larguera du jour au lendemain comme une vieille chaussette pour s’en aller avec un ou une autre !
  • Qui y a t-il à gagner dans la souffrance engendrée par cette relation ?
  • Fuir, est-ce le laisser gagner ou vous sauver ?

       Quel est à votre avis  le gagnant des deux ?

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Marie-Agnès Thulliez

Manipulation mentale

Manipulation mentale

Un article de Marie-Agnès Thulliez.

La manipulation mentale fait partie de notre cadre de vie, tapie dans la publicité, la politique, le contrôle de l’information, la mode, la concurrence et j’en passe… 

La définition dans le dictionnaire Wikipédia dit “qu’ on parle de manipulation mentale lorsqu’un individu ou qu’un groupe d’individus exerce une tentative de prise de contrôle de l’esprit et du comportement d’une personne ou d’un groupe, en usant de techniques dites de persuasion ou de « suggestion mentale », en cherchant ou non à contourner les capacités critiques et/ou d’auto-critique de la personne, c’est-à-dire sa capacité à juger ou à refuser des informations ou des injonctions.

Certaines formes de manipulations pourraient être altruistes, mais la notion de manipulation mentale est généralement négativement connotée, évoquant les manipulateurs aux comportements égoïstes ou malveillants.” Continue reading

La manipulation, une forme de violence

La manipulation, une forme de violence

Un article de Philippe BRETON, Chercheur au CNRS, chargé de cours à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne)

Principe et pratique de l’action non violente

Alternatives non-violentes, Rouen, juin 2008

La manipulation, une forme de violence

Il existe au moins deux grandes familles de techniques de manipulation, celle qui joue sur les affects, les sentiments, et celle qui joue, pour le truquer, sur le raisonnement lui-même. Peut-on utiliser la manipulation tout en sachant qu’il s’agit d’une forme de violence ?

Théorie de la non-violence | Education à la non-violence

I. Manipulation et violence
Pourquoi parler de violence dans le cas de la manipulation ? 

D’une part parce que l’on nous oblige, par la ruse, à faire un acte que l’on aurait pas fait autrement, ensuite parce que le fait de commettre cet acte entraîne, après la prise de conscience, un sentiment d’auto-dévalorisation, de honte, voire une petite dépression : on est un faible, on est quelqu’un qui se fait avoir, on n’a pas envie d’en parler aux autres… Certains vont même jusqu’à refuser, contre toute raison, de reconnaître qu’ils se sont fait tout simplement avoir.

 La personne était en théorie libre de refuser. Mais les techniques de manipulation ont comme premier objectif de paralyser la réflexion, de bloquer la liberté de penser. Elles sont, sur un plan mental, une privation de liberté. C’est donc tout l’inverse de l’argumentation.

Il y a au moins deux grandes familles de techniques de manipulation, celle qui joue sur les affects, les sentiments et celle qui joue, pour le truquer, sur le raisonnement lui-même. Dans les deux cas, on retrouve les grandes caractéristiques qui viennent d’être dégagées : la dissimulation, le recours à la violence mentale, la privation de liberté.

 II. Trois raisons de renoncer à la manipulation

Si l’on se pose la question de savoir pourquoi il faut refuser la manipulation, c’est que c’est une tentation bien réelle. Oui, il faut le reconnaître, il peut être tentant, pour convaincre, d’utiliser des techniques dont on sent bien qu’elles ne sont pas tout à fait du côté de l’argumentation et qui in fine, font appel à la violence.

 

Notre société ne condamne pas véritablement le recours à de telles techniques. Elles sont d’ailleurs assez fréquemment utilisées en politique, même si c’est moins qu’on ne le pense, ou en publicité et, là, hélas, plutôt plus qu’on ne le pense. On les rencontre aussi dans les relations au travail mais également dans les rapports familiaux, amicaux ou même dans l’éducation des enfants. Il y a aujourd’hui une certaine tolérance par rapport à cela.

 C’est aussi qu’on ne voit pas à quel point elles représentent une violence exercée sur soi et sur les autres. Il y a aussi la pression de l’efficacité, dans un monde où tout va vite et où on a pas toujours le temps… de prendre son temps pour argumenter. C’est oublier que l’on peut argumenter rapidement et que certaines propositions très fortes ne prennent pas forcément beaucoup de temps pour être énoncées. Manipuler pour convaincre est donc clairement une tentation, à laquelle il faut pourtant renoncer.

 On peut tirer de tout ce qui vient d’être d’ici sur les techniques de manipulation plusieurs excellentes raisons de renoncer. Il y en a au moins trois :

  • 1. La première raison est d’ordre éthique. Reconnaissons que c’est la plus forte en terme de valeur et la plus faible en termes pragmatiques. L’éthique est souvent renvoyée à un ciel abstrait là où, dans la vie, il faut bien se débrouiller. Nous pouvons souhaiter une société idéale, il n’en reste pas moins que le monde est souvent dur et cruel. À partir du moment où on le sait, une question fondamentale se pose : est-il légitime d’exercer sur l’autre une violence, même si celle-ci prend la forme rusée et souriante de la séduction ?

N’oublions jamais qu’avec la manipulation nous faisons prendre aux autres, la plupart du temps, des décisions qu’ils n’auraient pas prises eux-mêmes. Et on ne peut pas se contenter de dire qu’ils n’avaient qu’à ne pas se laisser faire.

L’éthique, ici, consiste à ne pas se placer en posture d’exercer une violence ou une contrainte mentale sur les autres.

Il est vrai que comme tout argument éthique il renvoie chacun à lui-même. Mais la remarque essentielle que l’on peut faire est que, si déjà on exerce une violence sur les autres, alors autant ne pas se cacher que c’est effectivement une violence que l’on exerce, et ne pas chercher de mauvaises raisons pour dissimuler à ses propres yeux les conséquences de son comportement.

  • 2. La seconde raison tient à l’efficacité. Comme nous l’avons vu, celle-ci n’est pas, loin de là, au rendez-vous. Le vrai grand succès des manipulateurs est de faire croire que leurs techniques, que souvent ils vendent, sont efficaces. À court terme ils arrivent d’ailleurs à vendre des livres ou à vendre des programmes de formation. Mais les gens formés à ces techniques sèment souvent plus de désordre et sont responsables d’une véritable perte de productivité dans les entreprises où ils exercent leur talent.

  • 3. La troisième raison qui pousse à renoncer à la manipulation est une raison dont on parle très peu souvent. Celui qui recourt à des techniques de manipulation n’est pas forcément un individu violent et cynique, qui sait ce qu’il fait et qui est indifférent à tout. La plupart du temps, comme nous l’avons dit, c’est plutôt à une tentation que l’on cède.

Dans les stages où l’on apprend des techniques de manipulation, il arrive que des personnes « craquent », nerveusement et psychologiquement. On leur apprend à dissimuler ce qu’ils font, à regarder l’autre comme un objet que l’on peut, justement, manipuler à sa guise. On accepte de le faire car c’est un formateur qui nous l’apprend, c’est l’entreprise qui cautionne ce stage de formation, et puis il y a la promesse de l’efficacité.

On nous demande de nous transformer nous-mêmes en quelqu’un qui porte sur les autres un regard de plus en plus cynique. Pour beaucoup d’entre nous, cela provoque un conflit intérieur, une tension mentale très importante. Le manipulateur est souvent la première victime de la manipulation qu’il exerce sur les autres.

 Et s’il n’y avait qu’une seule raison à mettre en évidence, c’est sans doute celle-là qui serait à mettre en avant.

Ce n’est pas tellement que l’on détruise les autres ou que ces actions soient inefficaces, mais c’est surtout que les techniques de manipulation nous transforment dans un sens qui nous est rarement favorable. Elles nous dégradent, dans tous les sens du terme.

Notes

  • Auteur de la fiche : Philippe BRETON, Chercheur au CNRS, chargé de cours à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne) ; auteur notamment de : Convaincre sans manipuler, Paris, Éd.La Découverte, 2008 ; Éloge de la parole, Paris, Éd. La Découverte, 2007 ; L’argumentation dans la communication, Paris, Éd. La Découverte, 2006 ; Argumenter en situation difficile, Paris, Éd. Pocket, 2005.

Lectures


1. Convaincre sans manipuler


L’homme ou la femme moderne a tout aussi besoin que le citoyen de l’Antiquité d’apprendre à argumenter pour convaincre son interlocuteur ou son public, que ce soit dans sa vie professionnelle, dans son activité de militant associatif, ou dans le cercle de ses proches. Comme le rappelle ici Philippe Breton, l’acte de convaincre, distinct de celui d’expliquer ou de celui d’informer, a le pouvoir de faire évoluer l’opinion de l’autre et peut contribuer à changer les choses…

2. Éloge de la parole  24 mai 2007  de Philippe BRETON

Avons-nous conscience de tout de ce que nous permet la parole ? Utilisons-nous toutes les ressources de cette capacité extraordinairement et spécifiquement humaine ? C’est à la réponse à ces questions, moins triviales qu’il n’y paraît, que s’attache Philippe Breton dans ce livre, où il explore les immenses possibilités de la parole, à la fois sur le plan personnel et sur le plan social…

3. L’argumentation dans la communication – 15 septembre 2005 de Philippe BRETON

La société démocratique recourt systématiquement au débat, à la discussion, à l’argumentation. Les techniques qui permettent de convaincre l’autre sans violence sont pourtant peu connues ou enseignées. L’auteur pose à ce sujet plusieurs questions fondamentales. Quels arguments utilisons-nous couramment ? En quoi argumenter se distingue-t-il de séduire, de plaire ou de manipuler autrui ?

L’art de convaincre : Du bon usage des techniques d’influence

8 novembre 2007 – de Marie-Claude Nivoix et Philippe Lebreton

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