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L’agresseur
Il peut arriver à chacun d’utiliser ponctuellement, passagèrement des mécanismes de défense pervers. Ce qui nous distingue des pervers, c’est que ces comportements ont été suivis de remords ou de
regrets.
La perversion narcissique *
Le psychanalyste P.C. Racamier est un des premiers à avoir décrit le concept de pervers narcissique. D’autres auteurs, dont Alberto Eiguer ont ensuite tenté d’en donner une
définition
« Les individus pervers narcissiques sont ceux qui, sous l’influence de leur soi grandiose, essaient de créer un lien avec un deuxième
individu, en s’attaquant tout particulièrement à l’intégrité narcissique de l’autre afin de le désarmer. Ils s’attaquent aussi à l’amour de soi, à la confiance en soi, à l’auto-estime et à la
croyance en soi de l’autre. En même temps, ils cherchent, d’une certaine manière, à faire croire que le lien de dépendance de l’autre envers eux est irremplaçable et que c’est l’autre qui le
sollicite. »
Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions
internes qu’ils refusent de voir. Ils « font pas exprès » de faire mal, ils font mal parce qu’ils ne savent pas
faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens
d’autrui.
La personnalité narcissique est décrite comme suit (présente au moins cinq manifestations suivantes)
- le sujet a un sens grandiose de sa propre
importance,
- est absorbé
par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir,
- pense être
«écial » et unique,
- a un besoin
excessif d’être admiré,
- pense que
tout lui est dû,
- exploite
l’autre dans les relations interpersonnelles,
- manque
d’empathie,
- envie
souvent les autres,
- fait preuve
d’attitudes et de comportements arrogants.
Otto Kernberg décrit les principales caractéristiques de ces personnalités qui « un sentiment de grandeur, un égocentrisme extrême, une absence totale d’empathie pour les autres,
bien qu’ils soient avides d’obtenir admiration et approbation.
Ces patients ressentent une envie très intense à l’égard de ceux qui semblent posséder les choses qu’ils n’ont pas ou qui semblent tirer simplement plaisir de leur vie. Non seulement ils manquent
de profondeur affective et n’arrivent pas à comprendre les émotions complexes des autres, mais leur propre sentiments ne sont pas modulés et connaissent de rapides flambées suivies de
dispersion.
Ils ignorent en particulier les sentiments véritables de tristesse et de deuil ; cette incapacité à éprouver des réactions dépressives est un trait fondamental de leur personnalité.
Lorsqu’on les abandonne ou qu’on les déçoit, ils peuvent se montrer apparemment déprimés, mais à un examen attentif, il s’agit de colère ou de ressentiment avec des désirs de revanche plutôt que
d’une véritable tristesse pour la perte de la personne qu’ils apprécient. »
Un narcisse est une coque vide qui n’a pas d’existence propre ; c’est un « » qui cherche à faire illusion pour masquer son vide. Son destin est une tentative pour éviter la mort.
C’est quelqu’un qui n’a jamais été reconnu comme un être humain et qui a été obligé de se construire un jeu de miroirs pour se donner l’illusion d’exister. Comme un kaléidoscope, ce jeu de
miroirs a beau se répéter et se multiplier, cet individu reste construit sur du vide.
Les individus pervers narcissiques sont des individus mégalomanes qui se posent comme référents, comme étalons du bien et du mal, de la vérité. On leur attribue souvent un air moralisateur,
supérieur, distant. Même s’ils ne disent rien, l’autre se sent pris en faute.
Conséquences pour la victime et prise en charge
Conséquences de la hase
d’emprise
Le désistement, la confusion, le doute, le stress, la peur, l’isolement.
A plus long terme le choc, la décompensation, la séparation.
Repérer
Avant toute chose, il est important de bien repérer le processus de harcèlement et si possible de l’analyser. Si on a le sentiment d’une atteinte à sa dignité ou à son intégrité psychique en
raison de l’attitude hostile d’une ou de plusieurs personnes, ce régulièrement et sur une longue période, on peut penser qu’il s’agit effectivement de harcèlement
moral.
L’idéal est de réagir le plus tôt possible, avant d’être englué dans une situation où il n’y a pas d’autre solution que le départ.
Dès lors, il est important de noter toute forme de provocation ou toute agression. Comme pour le harcèlement psychologique familial, la difficulté de se défendre réside dans le fait qu’il y a
rarement des preuves flagrantes.
La victime devra donc accumuler les traces, les indices, noter les injures, faire des photocopies de tout ce qui pourrait à un moment ou à un autre constituer sa défense.
Il serait souhaitable qu’elle s’assure le concours de témoins. Malheureusement, dans un tel contexte, les collègues se défilent.
Trouver de l’aide au sein de l’entreprise
Tant que l’on est en état de se battre il faut chercher de l’aide d’abord au sein de l’entreprise. Trop souvent les salariés ne réagissent que lorsqu’il y a une procédure de licenciement en
cours. Cette recherche n’est pas évidente car si la situation a pu se dégrader à ce point, c’est souvent que le responsable hiérarchique, s’il n’est pas lui-même moteur du processus, n’a pas su
réagir de façon efficace. Si ce soutien moral ne peut être obtenu dans le service, il peut être recherché dans d’autres services.
A chaque étape d’une recherche d’aide au sein de l’entreprise, le salarié peut sortir du processus de harcèlement s’il a la possibilité de rencontrer un interlocuteur qui sache
l’écouter.
Quand l’entreprise est de taille suffisante, il faut d’abord aller voir le DRH, cela n’est efficace que si le « » prime sur le « ».
Si le DRH ne fait rien, il faut aller voir le médecin du travail qui aidera d’abord à verbaliser le problème. Par ses constats au poste de travail, et lors de la visite médicale, il peut
permettre aux salariés et aux responsables de prendre conscience du problème et de leurs conséquences graves. Tout dépend de la place du médecin du travail au sein de
l’entreprise.
Résister psychologiquement
Pour se défendre, il faut être en bon état psychologique, ce qui n’est pas simple puisque la première étape du harcèlement consiste à déstabiliser la victime. Il faut donc consulter un psychiatre
ou un psychothérapeute afin de retrouver l’énergie pour se défendre. Ce qui implique lorsque l’on est soignant d’aller voir dans un autre département.
Pour diminuer le stress et ses conséquences, la seule solution est l’arrêt de travail. Beaucoup de victimes le refusent de peur d’aggraver le conflit.
Si la personne est dépressive, une aide médicamenteuse, anxiolytique et antidépressive peut s’avérer indispensable.
La personne ne devra réintégrer son travail que lorsqu’elle pourra se défendre. Cela peut conduire à un arrêt de travail relativement long (parfois plusieurs mois) qui se transformera
éventuellement en Congé maladie de longue durée.
Dans les relations avec le harceleur, il est plus facile de se soumettre plutôt que de résister et risquer le conflit. Quoi qu’elles éprouvent, les victimes doivent jouer l’indifférence, garder
le sourire et répondre avec humour mais sans en rajouter dans l’ironie.
Elles doivent rester imperturbables et ne jamais entrer dans le jeu de l’agressivité. Il leur faut laisser dire, ne pas s’énerver tout en notant chaque agression pour préparer leur
défense.
Pour limiter le risque de faute professionnelle, la victime doit être irréprochable. Elle est sous les feux de l’actualité. Le moindre retard, la moindre faute seront tenus pour des preuves de sa
responsabilité dans le processus.
Il serait bon qu’elle apprenne la méfiance en fermant ses tiroirs à clé, en emportant avec elle son agenda professionnel ou un dossier important sur lequel elle travaille, même, à l’heure du
déjeuner.
Afin de retrouver une certaine autonomie de pensée et un esprit critique, les victimes devront appliquer une nouvelle grille de communication, comme un filtre systématique, qui leur permette de
réajuster la réalité au bon sens. Prendre les messages au pied de la lettre, au besoin, en faisant préciser, et refuser d’entendre les
sous-entendus.
Agir
Sur un plan professionnel, il faut être extrêmement vigilant afin de contrer la communication perverse. Il faudra anticiper sur les agressions en assurant qu’il n’y a aucune ambiguïté dans les
consignes ou les ordres, en faisant lever les imprécisions et éclaircir les points douteux.
Si les doutes subsistent, le salarié devra solliciter un entretien pour avoir des explications. En cas de refus, il ne faut pas hésiter à exiger cet entretien par lettre recommandée. Ces
courriers pourront servir de preuves du manque de dialogue en cas de conflit.
Il faut mieux passer pour anormalement méfiant, quitte à passer pour paranoïaque, que de se laisser mettre en faute. Il n’est pas mauvais, non plus, que la victime inquiète son agresseur en lui
faisant savoir que, désormais, elle ne se laissera plus faire.
C’est habituellement lorsque la victime constate qu’aucune solution n’est proposée, et qu’elle craint un licenciement ou qu’elle envisage de donner sa démission qu’elle se tourne vers les
syndicats ou les représentants du personnel. Mais il faut savoir que quand une situation de harcèlement est communiquée aux syndicats, cela devient un conflit ouvert.
Leur intervention consiste alors à négocier un départ. Il est très difficile d’obtenir une médiation à ce niveau car les représentants du personnel ont en France beaucoup plus un rôle
revendicatif qu’un rôle d’écoute et de médiation.
Pour un entretien préalable au licenciement, la loi prévoit qu’on peut se faire accompagner par la personne de son choix. Ce peut être un délégué syndical s’il y en a dans l’entreprise, ou bien
un conseiller des salariés. Les conseillers des salariés sont des syndicalistes extérieurs à l’entreprise dont on trouve la liste dans les mairies et dans les préfectures, et qui vont défendre
bénévolement les salariés dans les petites structures. Dans le harcèlement, il est important que l’accompagnateur soit quelqu’un en qui on a toute confiance et dont on pense a priori qu’il ne se
laissera pas manipuler.
Faire intervenir la justice
Comment
guérir
- Choisir son
psychothérapeute
- Nommer la perversion
S’en sortir
L’essentiel n’est pas de savoir comment on s’est mis dans cette situation mais d’en sortir. Donc soutien, réconfort pour permettre à la victime de sortir de la peur et de la
culpabilité.
Quand la perversion a été nommée, la victime doit repenser les événements du passé en fonction de ce qu’elle aura appris de son agression. Elle doit, avec courage, se demander quel sens avaient
tel mot ou telle situation.
- Se dégager de la culpabilité
- Sortir de la souffrance
- Guérir
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Publié le 10/11/2008 à 22h48 dans Manipulation et harcèlement moral